Nom : BERTHIER

Prénom : Pierre

Age : 54 ans

Grade : 7ème Dan

Nombre d’années de pratique : 40 ans

Pouvez vous nous faire un résumé de votre parcours en Karaté ?

J’ai commencé le Karaté, en 1966, à l’âge de 14 ans, au dojo de la rue de la Montagne Ste Geneviève Paris 5ème avec Jean-Pierre LAVORATO comme professeur.
En 1969 j’ai obtenu mon 1er Dan. En compétition, je fus champion, en kumité et en kata, de ligue, de France et médaillé européen et également par équipe. J’enseigne depuis 1969 dans différents clubs de la région parisienne et lors de stages en France et en Europe.
Mon dojo central est au cercle Tissier à Vincennes.

Quelles ont été vos motivations pour commencer le karaté ?

A l’époque, le Karaté était une nouvelle discipline en France encore mal connue.
C’est d’abord le niveau d’exigence demandé qui m’a immédiatement attiré car en pratiquant le karaté on avait l’impression d’appartenir à une élite.
Pour moi, c’était également un moyen, en tant qu’adolescent, d’entrer dans la vie adulte en côtoyant des hommes plus âgés et rapidement d’être confrontés à eux dans l’entraînement en arrivant parfois, puis de plus en plus souvent, à dominer la situation.

Quels ont été vos professeurs et que vous ont ils apporté ?

Mon seul professeur était, et est toujours, Jean-Pierre LAVORATO.
Il m’a apporté l’apprentissage de l’intégralité des techniques de karaté, l’exemple de l’effort permanent, la persévérance, la droiture du comportement.
J’ai également suivi de multiples stages avec Kase Sensei, Shirai Sensei et Enoeda Sensei.

Que vous a apporté la compétition, et comment avez vous réussi à évoluer du karaté sportif à une pratique traditionnelle ?

A l’époque, avec J.P. LAVORATO, il n’y avait pas de différence entre karaté sportif et pratique traditionnelle : il n’y avait pas de préparation spécifique avant d’aller à un championnat ; nous nous entraînions tout simplement et participions à des compétitions pour enrichir nos sensations et honorer, si faire se peut, notre club.
Aujourd’hui, comme hier, je pratique le karaté qui, pour moi, est indivisible. C’est un art totalement personnel.

Qu’est ce qui vous pousse aujourd’hui encore à continuer à vous entraîner ?

Pour moi, le karaté fait partie intégrante de ma vie ; parmi les actes quotidiens de la vie et le plaisir de tisser des liens sociaux, le karaté apparaît comme une pratique nécessaire chaque jour.
Au-delà, la passion de cette discipline m’anime toujours car elle me dirige vers l’infini de la recherche : pousser toujours plus loin la réflexion, la connaissance de soi-même et entrevoir, par le truchement de cet art, les interactions des êtres et du monde où nous vivons.

Quelle vision avez vous de l’enseignement, et comment concevez vous votre rôle de professeur ?

Pour moi, l’enseignement vise d’abord la transmission la plus honnête des connaissances que l’on a reçues dans leur intégrité et leur exactitude, puis d’apporter sa part d’expérience et de compréhension en le précisant.

Qu’attendez vous de vos élèves ?

La confiance.

Que pensez vous de l’évolution du Karaté qui s’éloigne des valeurs traditionnelles vers une pratique plus sportive ?

Le karaté est la conjugaison du kihon, des katas et des diverses formes de kumite pour rechercher la plénitude de l’art et de soi-même. Tout autre forme de pratique (si respectable et intéressante soit elle) ne peut s’assimiler à la dénomination de karaté-do.

Quels conseils donneriez vous à quelqu’un désireux de débuter.

Sois passionné et émerveille toi comme un enfant !

Quel est le meilleur moment de votre vie de pratiquant ? et le pire ?

Les rencontres avec les personnes qui sont devenues mes amis sont ces meilleurs moments. J’y ai connu et je connais des gens extraordinaires d’humanité et de générosité.
Pour le pire, j’attendrai le crépuscule de ma vie pour me prononcer.