Shorin et Shorei

L’historique du karaté se réfère à deux voies et trois localités. Cet art de combat était pratiqué selon deux styles dénommés Shorin et Shorei. Ces termes seraient en fait une déformation du mot chinois « Shaolin ». Le style Shorin-ryu mettait l’accent sur la souplesse et la vitesse ; le style Shorei-ryu accordait une importance particulière à la puissance musculaire. Par ailleurs, la pratique du « te » (art de combat) était rattachée à trois localités : Shuri, Tomari et Naha. Il est important de savoir que ces trois lieus ne sont distants que de quelques kilomètres (l’île d’Okinawa fait environ 80 km de long). Le Naha-te était associé au Shorei-ryu, le Shuri-te et le Tomari-te au Shorin-ryu. Le Tomari-te mettait plus l’accent sur les techniques de jambes. L’introduction à Okinawa de ces arts de combats s’est faite par le biais des échanges commerciaux importants s’effectuant avec la chine. Les historiens la situent vers le XVII ème ou le XVIII ème siècle. </p>

Karaté et longévité

Les anciens maîtres de Karaté ont eu une longévité importante pour l’époque et des capacités physiques étonnantes jusqu’à un âge avancé :

Sôkon Matsumura1809-190293 ans
Ankô Azato1827-190679 ans
Ankô Itosu1832-191684 ans

Gichin Funakoshi, lui-même, est mort à l’âge de 89 ans.

La transmission de l’art

A l’époque, cette transmission se faisait en grand secret. Les cours collectifs n’existaient pas. L’enseignement avait lieu tôt le matin et tard le soir, souvent au domicile du maître. Un maître n’enseignait qu’au maximum à une dizaine de disciples au cours de sa vie. L’accent était mis sur, d’une part, le travail intense des katas et, d’autre part, la pratique du makiwara.

Sôkon Matsumura

Il fut garde du corps de trois rois successifs d’Okinawa à partir de 1827. Il semble qu’il ait appris le « te » auprès de deux maîtres chinois dénommés Ason et Iwah. Il est entré dans la légende en combattant un taureau. Il a laissé son nom à une version du kata bassai, Passai-no-Matsumura, pratiquée dans les styles Shorin-ryu et Shito-ryu et une variante de l’ancêtre de Meikyo, Matsumura- Rohai, du style Shito-ryu.

Ankô Azato

Il est surtout connu comme premier maître de Funakoshi. On ne lui connaît aucun autre disciple. Il avait reçu son enseignement de Sôkon Matsumura tout comme Itosu avec lequel il avait de fréquents échanges. Selon Funakoshi, il était de grande stature contrairement à Itosu qui était de taille moyenne et trapu.

Ankô Itosu

C’est un personnage central dans l’évolution du karaté. Il est à l’origine de l’enseignement en cours collectifs dans les écoles d’Okinawa à partir de 1901 avec l’aide de deux de ses élèves Kentsu Yabu et Chomo Hanashiro. Cet enseignement a été instauré suite aux observations des médecins militaires qui avaient remarqué avec étonnement le développement corporel des pratiquants de karaté. Dans l’objectif de la transmission de la discipline à un public large, Itosu a réformé de nombreux katas. C’est lui qui a créé les
5 pinan (heian en Shotokan) et les 3 naifanchi (tekki) à partir de l’ancien et long naifanchi.
Il a formé de nombreux maîtres qui sont à l’origine des styles actuels : Gichin Funakoshi et Kenwa Mabuni entre autres.

Kentsu Yabu

On l’appelait « sergent Yabu » car il avait servi dans l’armée japonaise. Il est à l’origine du rituel de début et de fin de cours et de la répétition des gestes sous l’ordre vocal du professeur, comme nous le pratiquons actuellement. Il vainquit Choku Motobu, combattant réputé.

Chomo Hanashiro

Elève de Matsumura puis d’Itosu, il a été un des premiers instructeurs dans les écoles d’Okinawa et a un précurseur de l’aspect « kumité » dans l’enseignement du karaté, attesté par un écrit de 1905. De plus, dans ce document, il fit, le premier, usage du « kanji » signifiant « main vide » à la place de « main de chine ».

Chôshin Chibana

Elève d’Itosu pendant les quinze dernières années de sa vie, il s’employa à transmettre le karaté du courant shorin-ryu. A sa mort à 85 ans, les chirurgiens, qui observèrent son corps, déclarèrent que son cœur et ses organes étaient ceux d’un homme de 50 ans.

Chotoku Kyan

Né deux ans après Funakoshi, il fut élève d’Itosu (Shuri-te) mais aussi d’Oyadamari du courant Tomari-te. Il est connu pour avoir relevé de nombreux défis et de n’en avoir perdu aucun malgré sa petite taille. Il a joué un rôle important dans la transmission du Shorin-ryu.

Choki Motobu

Très bagarreur, aucun maître ne voulait lui enseigner le karaté. Seul Chosuka Matsumura (Tomari-te) finit par accepter mais se limita à l’enseignement strict des katas. Motobu est connu car il a affronté en 1921, un boxeur occidental « Georges » et l’a vaincu très rapidement. Cela a donné lieu au premier article de presse japonais concernant le karaté.

Filiation de l’enseignement du karaté engendrant les styles actuels

Références Biliographiques

  • L’histoire du Karaté-do par Kenji Tokitsu
  • Les grands maîtres-les styles par Kenji Tokitsu
  • La grande histoire du Karaté Shotokan par Harry Cook